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séance 9

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JL
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Les pratiques intensives sont-elles toujours d'actualité ?
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  1. Re : séance 9

    Je me permets de reprendre une grande partie de la réponse que j'ai faite précédemment à un autre étudiant du SPOC.

    En préambule, la culture intensive est fondée sur une production agricole optimisée par rapport à la disponibilité des facteurs de production : moyens humains ou matériels et surfaces cultivées. Si elle a conduit à assurer la sécurité alimentaire pour une population qui atteint aujourd'hui 8 milliards d'habitants, son point le plus négatif est évidemment l'utilisation abusive d'engrais et de fertilisants qui se fait au détriment du sol, de notre environnement et dans certains cas, de notre santé. Une culture extensive, comme la pratiquent notamment des céréaliers australiens, nord américains ou sud américains, permet effectivement d'utiliser moins de produits phytosanitaires (d'engrais), mais au prix d'une surface de culture fortement accrue. C'est, dans une certaine mesure aussi le cas de la culture bio dont le rendement sensiblement plus faible oblige à exploiter plus de terres pour la même production (remarque faite par M. Jean-Christophe Bureau dans la leçon 6). S'il faut augmenter de façon importante la surface des terres cultivées au détriment des surfaces forestières, on risque de ne rien gagner à terme sur la biodiversité et dans la lutte contre le réchauffement climatique.

    En définitive, pour répondre à votre question, oui, la culture intensive est toujours d'actualité. On ne peut pas changer du jour au lendemain toutes les pratiques de culture de par le monde au risque de menacer la sécurité alimentaire. CELA ETANT, de plus en plus de gouvernements et de cultivateurs se disent soucieux de protéger notre environnement en limitant l'utilisation d'engrais ou de pesticides, voire en les supprimant ou les interdisant. La culture "bio" a fait un bond en avant au cours de ces dernières années, même si aujourd'hui elle tend légèrement à stagner : près de 14% des exploitations agricoles en France pratiquent l'agriculture biologique et 10% des surfaces agricoles sont cultivées en bio. Il faut quand même garder en tête les limites rappelées précédemment. Des progrès restent à accomplir pour accroitre les rendements de ce type de culture. Ces progrès et le développement de cultures non-intensives passent par une concertation accrue entre pays, producteurs et consommateurs. Ils passent également par une meilleure prise en compte du "monde agricole" dans des sociétés qui sont de plus en plus urbanisées.