Publicación por Laurent Audouin
Cela étant posé, non, on ne peut pas dire stricto-sensu que l'espèce humaine est en danger en tant que telle : même dans un contexte de changements extrêmement brutaux, il est raisonnable de penser qu'il restera toujours sur Terre quelques millions d'humains, survivant comme ils le pourront, mais survivant néanmoins, revenus à un stade hybride entre préhistoire et moyen-âge (l'éventuelle préservation de quelques connaissances se heurtant à l'absence de ressources facilement exploitables, notamment minérales, que nous avons depuis longtemps consommées, ne nous laissant aujourd'hui que les plus difficiles d'accès). Ce qui est en danger, c'est notre capacité à maintenir nos organisations collectives complexes, qui s'appuient sur l'abondance de ressources et notre aptitude à mobiliser la technique pour les exploiter. Nous vivons dans un contexte d'organisations sociales extrêmement optimisées, qui nous permettent de réduire à portion congrue le temps consacré à nos activités biologiques (se nourrir, se reproduire) et nous placent de facto en surplomb de toutes les chaines de prédation. Ces organisations ont une résilience, mais pourraient être amenées à des points de rupture. Un peu comme pour les éco-systèmes, il s'agit donc modérer les changements pour laisser à l'Humanité (avec une majuscule, donc en incluant valeurs et connaissances) le temps de s'y adapter.