Opciones de matriculación

La Politique de la ville est une politique publique singulière. Son appellation laisse entendre qu’elle aurait pour objet la ville dans son ensemble, alors qu’elle s’adresse en réalité à des territoires précisément délimités, considérés comme prioritaires ou en difficulté. Par le recours au zonage, elle cherche ainsi à traiter, à l’échelle de certains quartiers, des problèmes sociaux qui dépassent largement leurs frontières.  

Mise en place depuis la fin des années 1970, la Politique de la ville vise à réduire les inégalités sociales et territoriales et à améliorer les conditions de vie dans les quartiers concernés. Elle intervient à la fois sur les territoires, à travers l’aménagement, l’habitat et la rénovation urbaine, mais aussi sur les populations, à travers des actions portant notamment sur l'éducation, l'emploi, la santé, la prévention ou encore le soutien au tissu associatif. Cette politique repose sur une tension fondamentale : des problèmes sociaux sont pris en charge à partir de leur inscription dans l’espace. Ainsi, c’est dans un registre spatial et à l’aide de catégories territoriales que l'Etat va tenter de résoudre les multiples manifestations de la fracture sociale française. Une telle politique contient alors le risque de faire du territoire la principale explication des inégalités qui s’y concentrent.  

Étudier sociologiquement la politique de la ville revient dès lors à interroger la manière dont certains espaces sont constitués en problèmes publics, les catégories utilisées pour les désigner (et les populations qui y vivent), mais aussi les effets et les limites de cette territorialisation de l’action publique.  

Dans un deuxième temps, le cours déplacera le regard vers les politiques d’accession à la propriété. À partir de la fin des années 1970, le modèle du logement collectif social fait progressivement l’objet de critiques, tandis que se développe la promotion de l’habitat individuel. Cette évolution peut être replacée dans un mouvement plus large d’urbanisation périurbaine et de transformation des formes de protection sociale. La propriété individuelle tend alors à être présentée non seulement comme un idéal résidentiel, mais aussi comme une ressource permettant aux ménages de se prémunir individuellement contre les incertitudes économiques et sociales. Le logement devient ainsi un patrimoine, un capital et une forme de sécurité face aux risques de la vie.  

UE libre: No
Année: 26/27
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